Faut-il continuer à courir le Dakar ? La mort de deux enfants lors de la dernière édition, qui vient de s'achever (dans le sang donc) il y a quelques jours avec la victoire d'un ancien skieur sur les pistes du désert (La descente, cela mène à tout), relance le débat. La veille de l’arrivée, après avoir appris a mort du second enfant renversé par un camion d'assistance, le comité de course a décidé de ne pas courir l'étape du lendemain, au mépris des adorateurs de la course puisqu’il s’agissait de la dernière étape. Est-ce vraiment suffisant ?
Comment justifier aujourd'hui le fait de traverser l'Afrique lancés comme des bourriques dans des voitures dont le simple prix équivaut à 30 ans de salaire pour les populations qui les voient brièvement passer dans un nuage de poussière ? L'argument principal des défenseurs du Dakar est que les populations sont (je cite) "ravies" de voir cette belle course. Certes ils n'ont pas forcément la télé pour suivre la compétition jusqu'au bout mais au moins ils ont la chance de voir ces grosses bagnoles modernes, couvertes de marques qu'ils n'achèteront jamais. Allez... c'est plein de couleur, c'est joli et ça fait une sortie pour les enfants... C'est d'ailleurs bien le problème ! Le soir du (second) drame, France 2 dans sa Spéciale Dakar ouvrait sur la tragique nouvelle pour enchainer sur un reportage sur les mesures de sécurité prises avant la course pour éviter ce drame (NDLR : c'est quand même pas notre faute si les mères savent pas tenir leurs gosses) et un reportage sur Thierry Sabine ( NDLR 2 : l’un des fondateurs du Dakar, qui a eu la drôle d’idée de jouer un remake de Dune dans un hélicoptère en compagnie de Daniel Balavoine en 1986) dont la problématique était de démontrer à quel point il était aimé, encore aujourd'hui, en Afrique (NDLR 3 : l’Afrique aime le Dakar ! ). Si au moins le Dakar était le prétexte à une démarche humanitaire. Un peu comme le Tour de France : après les coureurs il y a 15 km de convoi de véhicules de tout genre et de musique appelé "la caravane du Tour" qui apporte à la populace des produits de première nécessité (T-Shirt Oncle ben's, gourde en plastoc Evian et boule anti-stress La Vache Qui rie). Pourquoi diable , à tout prendre, ne pas se servir de la visibilité de ce rallye raid pour en faire de même en Afrique (avec du riz Oncle ben's, des bouteilles d'Evian et de la vache Qui Rie...) ? Ce n’est pas même le cas. Surtout une question me taraude... pourquoi les coureurs ont-ils diable besoin de passer dans les villages ? En effet non seulement l'Afrique c'est grand, mais en plus ils ont tout de même ce qu'on fait de mieux dans le meilleur du plus balèze des tout-terrains. Alors piste ou pas piste, ils ne pourraient pas contourner ? |

