La directive Bolkestein (du nom de Friz Bolkestein, son créateur) est l'image même du fossé qui sépare les députés européens à Bruxelles et les citoyens européens. Extrêmement technique, sans doute jamais lue par 99,9% des citoyens européens, qui ont autre chose à faire en se couchant le soir que d'avoir comme livre de chevet 80 pages de réglementation européenne, elle a cristallisée toutes les passions lors de la campagne pour le referendum et on lui a prêté toutes les interprétations. Ce qui est sûr, c'est qu'après ce vote, toute apparition d'un plombier polonais sous un lavabo français serait purement fortuite. Par contre la facture sera toujours de 180 euros pour le colmatage d'une fuite...
Ce qui est sûr aussi, c'est que si seuls les députés semblent en mesure d'en connaitre la teneur, personne ne sait comment bien prononcer son nom. "Bolkechtayn" ? "Bolkestayn" ? "Bolkechtaïne" ? "Bolkestaïne" ? On a même entendu des "Bolkeustine". Apparemment on dirait plutôt "Bolkeustenne". C'est toujours ça de le savoir... Alors... Cette nouvelle directive "Bolkeustenne" est-elle mieux que la précédente ? «Nous avons complètement changé cette directive, nous l'avons changée de fond en comble et lui avons donné une dimension sociale" a déclaré la sociale-démocrate allemande Evelyne Gebhardt, rapporteur du texte au Parlement européen. "Nous ne pouvons accepter ce projet d'émasculation", s'est écrié Graham Watson, le président du groupe des libéraux". De son côté, les syndicats l'ont qualifié de "monstre édenté, mais monstre tout de même". Au moins vous savez comment "Bolkeustenne" prononce... |

